Défendre et célébrer la diversité [hr]

Vous pouvez voir aujourd’hui dans plusieurs de nos ambassades le drapeau arc-en-ciel, symbole universel de la diversité et de la solidarité avec la communauté LGBTIQ, afin de marquer la Journée internationale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie.

Depuis qu’une association de Montréal a proposé en 2003 une journée dédiée à la lutte contre l’homophobie, le 17 mai est devenu une occasion majeure, pour les gouvernements et la société civile dans le monde entier, de se rassembler et affirmer clairement que toute personne – indépendamment de qui elle est et qui elle aime – mérite de vivre sans honte, sans persécutions, sans discriminations.

En ce jour, nous réaffirmons notre opposition commune à toutes formes de discriminations, y compris fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Le droit international des droits de l’Homme est fondé sur l’idée que tous les individus méritent les mêmes droits et libertés, tels que définis par la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Les citoyens de tous les pays, y compris les lesbiennes, les gays, les bisexuels, les transgenres, les intersexuels et les altersexuels, doivent pouvoir vivre librement, sans crainte d’être victime de violence ou discrimination, sans être considérés comme des individus étranges ou de seconde catégorie ; au contraire, ils doivent jouer un rôle actif dans la société. Mais le drapeau arc-en-ciel n’est pas seulement affiché pour marquer notre rejet de l’injustice. Il célèbre la différence et notre conviction que nos sociétés sont plus fortes non pas en dépit de nos différences, mais précisément grâce à elles.

Notre pays hôte, la Croatie, est notre partenaire dans les efforts pour promouvoir les droits des personnes LGBTIQ. Il y a quarante ans, alors que de nombreuses autorités médicales considéraient encore l’homosexualité comme une maladie, l’Ordre des médecins croate fut l’un des premiers organismes professionnels à rejeter cette conception, 17 ans avant que l’Organisation mondiale de la santé ne fasse de même. La Croatie a aussi était l’un des premiers pays à dépénaliser les relations homosexuelles entre adultes consentants.

Aujourd’hui, la législation croate interdit clairement les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle, l’identité de genre, l’expression de genre ; l’opinion publique croate dans son ensemble accepte de plus en plus la différence et devient de plus en plus consciente des problèmes causés par les discriminations. Dès 2011, la Croatie a reconnu officiellement la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie. Nos pays travaillent étroitement avec la Croatie pour promouvoir au plan international le respect des droits de l’Homme pour les personnes LGBTIQ, notamment au sein des Nations Unies et de l’OSCE, et bien sûr (pour beaucoup d’entre nous) à travers les positions communes des Etats membres de l’Union européenne.

Malheureusement, des cas d’intolérance et de discrimination continuent épisodiquement à se produire. A titre d’exemple, nous avons tous été préoccupés par l’attaque commise contre la discothèque Super Super en février dernier. Cette attaque a été condamnée par tous les responsables politiques croates, tels que le vice-Premier ministre Davor Stier, qui a insisté sur « la nécessité que tous les citoyens croates se sentent en sécurité ». Lorsque de tels événements se produisent, nous avons le devoir de renforcer notre engagement pour la diversité et l’inclusion dans chacune de nos sociétés ; nous devons appeler clairement au respect pour tous indépendamment de nos différences. De plus, nous reconnaissons que la diversité rend nos sociétés plus innovantes, créatives et dynamiques. Nous saluons l’engagement explicite de la Présidente Grabar-Kitarovic, dans son allocution d’investiture, d’être Présidente de tous les citoyens de Croatie quelle que soit leur orientation sexuelle.

Pour autant, nous avons le devoir de réagir de manière pressante lorsque les droits sont attaqués. De fait, les Etats sont à différents stades d’acceptation et d’engagement dans ce domaine. Mais les droits de l’Homme sont universels et indivisibles, sans exception. En certains lieux, des homosexuels ont été détenus arbitrairement, torturés, tués par des services de sécurité ou d’autres organismes de l’Etat ; la participation à une Marche des fiertés est un délit pénal. Dans quelques pays, le code pénal ou la tradition juridique religieuse prescrivent la peine de mort pour des actes entre adultes consentants ; des groupes radicaux se livrent à des persécutions brutales contre des personnes LGBTIQ. C’est pourquoi nous avons, aux côtés de nombreux autres pays, soutenu le mandat d’un expert indépendant des Nations Unies sur les violences et les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Et nous sommes fiers d’être membres de l’Equal Rights Coalition, créée l’an dernier en Uruguay, une alliance d’Etats engagés dans la promotion et la défense des droits des personnes LGBTIQ.

Le 17 mai est une journée où nous pouvons tous nous rassembler. Nous nous rassemblons, en Croatie et dans toujours plus de pays, sans crainte, pour célébrer la diversité et le droit fondamental d’être soi-même : hétérosexuel, homosexuel, homme, femme, transgenre, altersexuel, indéterminé, intersexuel, ou tout autre identité de notre choix. Continuons à travailler ensemble avec détermination pour étendre le domaine de cette liberté et la rendre véritablement universelle.

Les Ambassadeurs d’Albanie, Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Chili, Danemark, Espagne, Finlande, France, Italie, Monténégro, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Slovénie, Suède, Suisse

Dernière modification : 25/05/2017

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